En ce début d'après-midi, je suis bien soucieux. Je vois le temps
qui file à une vitesse folle et il me reste trois chantiers à
honorer avant les vacances. Je suis peintre décorateur et en ce moment,
je refais les trois chambres d'une maison bourgeoise. La propriétaire,
Madame Dumont, est au demeurant, fort sympathique. Je tombe parfois sur des
personnes qui soit, m'empoisonnent la journée entière à
vouloir me raconter leur vie, soit, au contraire me font la tête comme
si je n'étais qu'un vilain larbin qu'il faut surveiller en permanence.
Je travaille actuellement dans la première chambre, une pièce
décorée de façon très classique : mobilier en merisier,
moquette bien épaisse, tissu mural légèrement fleuri et
peinture orangée. C'est justement sur ces peintures que je travaille
(la première teinte ne convenait pas et la petite dame m'a demandé
d'essayer une autre teinte plus pâle.) " Je paierai " m'a-t-elle
dit.
J'en suis là de mes interrogations de plannings à aménager
quand j'entends sonner à la porte d'entrée. Il n'est pas dans
mes habitudes de m'immiscer dans la vie des personnes pour qui je travaille,
donc je continue la moulure de fenêtre que je suis en train de peindre.
C'est quand j'entends le son de la voix de la personne inconnue qui s'adresse
à Madame Dumont, que je dresse l'oreille. " Bah ! On dirait la voix
de Nadine " pensai-je. Nadine, c'est ma femme.
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