D'aussi loin que je m'en souvienne, on m'a toujours
définie par ma taille. Les sobriquets du type " la
naine ", " rase-mottes " ou, plus affectueusement,
" la puce " ont été mon lot commun depuis
mes plus jeunes années. J'en ai souffert, surtout au collège,
quand les tendres moqueries se sont peu à peu transformées
en vraies méchancetés. Même les filles étaient
désagréables avec moi. Il faut dire que, mis à
part ce point précis, j'avais un physique plutôt
agréable que certaines devaient m'envier malgré
tout. Sans me vanter, j'avais le plus joli minois de ma classe.
Cela me permettait de relativiser un peu les critiques qui fusaient.
Malgré tout, mon adolescence a été une période
assez difficile psychologiquement. Par manque de confiance en
moi, je n'ai pas connu les amourettes de jeunesse qui m'auraient
permis de me sentir aussi " normale " que les autres
et de m'identifier à mes camarades.
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