Comme à chaque rentrée j'avais pris rendez-vous chez mon médecin
pour obtenir les certificats d'aptitude à la pratique de mon activité
sportive ! Mais, m'y étant pris un peu tard, je ne pus obtenir un rendez-vous
qu'avec sa collègue, le surlendemain matin. A l'heure dite, je me trouvai
donc dans la salle d'attente. La porte s'ouvrit pour laisser le passage à
la doctoresse qui m'invita fermement à la suivre dans son cabinet. Elle
revenait sans doute de vacances car son teint était bronzé. Elle
devait avoir dans les quarante ans à peu près, fine et élancée,
vêtue d'une robe d'été noire sans aucune prétention.
Elle était l'archétype de madame tout le monde.
Rendu dans le cabinet, elle me demande le but de ma visite. Une fois informée
elle me prie de me dévêtir. Je commence par ôter mes chaussures,
puis ma chemise. Par réflexe, je lui demande si je dois retirer également
mon pantalon. Dans un premier temps elle me répond que non puis se ravise
en tressaillant légèrement pour me dire que ce serait préférable.
Va donc pour un slip chaussette des casernes !
Elle m'indique la froide table d'examen ou je vais m'asseoir. D'abord, elle
écoute mon rythme cardiaque. Elle s'y attarde quelque peu, me demande
de respirer profondément puis, rapidement, de retenir ma respiration.
Tout ceci en déplaçant son stéthoscope mécaniquement
sur ma poitrine, dans mon dos. Le vol de son instrument sur mon torse m'échauffe
un peu. Je me pose des questions car, habituellement en deux secondes c'est
bâclé. C'est la première fois que l'examen prend tant de
temps. Elle me demande enfin de m'allonger sur le dos. Elle va prendre ma tension,
gonfle le manchon, compte et chronomètre. Toujours sans plus de conversation,
elle retire le tensiomètre. Pensant l'examen terminé je fais mine
de me redresser. Elle m'arrête d'un geste, en me disant qu'elle n'en a
pas encore fini avec moi. Je me ravise et me rallonge, une légère
angoisse me gagne. Alors débute ce que je n'oublierais jamais.
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